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Le Kushti

la lutte indienne

C’est l’un des akharas (lieu où se pratique la lutte, équivalent du dojo) les plus ancien de Mumbai, fondé en 1930 au moment de l’Indépendance pour mobiliser les jeunes et les encourager à rejoindre le mouvement de liberté. Cet akhara est situé dans le quartier de Chinchipokli.

Le kushti, également appelé pahlavani, est pratiqué en Asie du Sud-Est depuis le 5e siècle avant Jésus-Christ et peut encore être observé dans sa forme traditionnelle en Inde, au Pakistan ou encore à Dubaï, où certaines communautés d’immigrants le pratiquent encore aujourd’hui.

Au sein des akharas restants à Mumbai, les jeunes hommes de la campagne qui arrivent en ville racontent souvent la même histoire, l’espoir d’obtenir un emploi de fonctionnaire du gouvernement. Mais la plupart d’entre eux finissent par travailler en tant que gardiens de sécurité, porteurs ou vendeurs de légumes ou de poissons. Ils complètent leurs gains grâce à la saison dangal (compétitions locales) – qui commence avec Dussehra et se termine avant les pluies – et voyagent à travers les villages de tout l’État. Les quelques chanceux trouvent un travail au sein des équipes sportives des chemins de fer ou de la police.

Malgré ses nombreux points communs avec la lutte occidentale moderne, la lutte indienne présente également quelques différences. Ainsi, les femmes sont autorisées à pratiquer le kushti – cependant, les lutteurs des deux sexes doivent s’engager à respecter le Samkhya, une philosophie védique qui prescrit notamment l’adoption d’une alimentation ovo-lacto-végétarienne. Le tabac, le sexe et l’alcool sont également strictement proscrits, et les activités de loisirs sont considérablement limitées en dehors de la pratique sportive.

Totalement dévoué à son maître Rama, Hanuman est le dieu singe possédant une grande force. Dieu très populaire en Inde, cela explique le respect et la protection portés aux singes dans ce pays au même titre que pour les vaches et les serpents. Souvent représenté avec une massue, il est le patron des lutteurs.

Le Kushti se pratique dans des fosses de terre, où le sol est mélangé avec des épices spéciales, du miel, ou du beurre, pour garder la terre douce sur la peau. Après un échauffement exigeant, les hommes commencent à pénétrer dans la fosse. Tout d’abord, ils se courbent comme au judo et font obéissance au dieu Hanuman dont l’autel est placé au dessus de la fosse. Puis Ils se partagent en deux et se bloquent mutuellement dans une étreinte lente. Le combat dure plus de 15 minutes.

Un akhara ne peut se permettre un tapis pour ses lutteurs. Les lutteurs de l’Inde aspirent à atteindre le niveau international pour obtenir des fonds et devenir des athlètes à temps plein. Cependant, ces ambitions les mettent souvent en contradiction avec les traditions modestes de leurs aïeux, qui mettent l’accent sur la communauté plutôt que sur la réussite individuelle.

Narendra Singh Nagbhire, le commissaire de la Commission de la protection sociale du travail de Maharashtra, a déclaré qu’il voyait Kushti non seulement comme un sport, mais comme un atout culturel précieux. Il a dit qu’il croyait en la capacité de Kushti à garder les jeunes hommes «positif, amical, sain et éloigné des maux sociaux, afin qu’ils puissent mener une vie bonne.

Cette éthique axée sur la communauté qui motive les élèves à garder un oeil sur ce qui compte vraiment.

«Nous ne nous soucions pas d’où vous venez, ni de votre religion». « Tant que vous vous entraînez bien, votre vie sera bonne. C’est tout ce qu’on peut en dire. » (mots de l’entraineur)