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Marseille, regards croisés

Pia Petersen et Bertrand Desprez pour Géo

À Marseille, il y a le soleil et la mer, il y a de l’ail et du pastis et des olives et parfois on tombe sur une sardinade, un apéro géant autour de sardines grillées. Le vieux-Port est au centre de la ville et il y a la Canebière dont on écrit toujours qu’elle se jette directement dans la mer. Il y a la Corniche, la plus belle corniche du monde d’où l’on voit le château d’If et le Frioul et l’hôpital Caroline. Quelques monuments et le David qui regarde vers le Prado, montrant ses fesses à la mer et l’installation de Buren avec ses drapeaux du monde entier. Il y a les auteurs de polars marseillais toujours en train de dédicacer quelque part, ils se déplacent tous ensemble, comme un team de foot et au Vieux-Port on peut boire un verre au café « OM » en regardant les matchs sur des écrans de télé énormes. Il y a un tramway tout neuf qui suit le trajet du métro et dont on dit qu’il ne peut pas entrer dans le tunnel. À Marseille, il y a une logique qui défie toutes les lois de la logique. Il y a une logique qui s’apparente à des axiomes personnels et quelqu’un en a saupoudré les rues.
Marseille, c’est la ville qui tourne le dos à la France et souligne son indépendance en s’ouvrant à la mer, c’est la ville qui à deux reprises avait perdu son nom, devenant la Ville-sans-nom. C’est la ville interdite, dont les citoyens ont été excommuniés, c’est la ville placée sous tutelle où la municipalité a été dessaisie de ses fonctions. C’est la ville dont on disait que les autorités ne contrôlaient rien et qui s’était faite bombardée d’abord par les Allemands puis par les Américains. C’est plus simple d’avoir un ennemi véritablement méchant et pour le Marseillais, un ami est toujours une ambiguïté….suite sur  http://piapetersen.net/marseille-geo.html

Pia Petersen